Chevènement, candidat pour mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités !
décembre 6, 2006 at 8:23 | In 2007, Blogroll, France, France 24, Journalists and Directors, chevenement2007, politique, presidentielle | Leave a Comment“Je mesure la difficulté de faire passer ce projet dans l’opinion alors que nous sommes affrontés à un bombardement idéologique permanent. Les B52 de la désinformation agitent l’épouvantail du vote Le Pen alors qu’on ne sait même pas s’il obtiendra ses parrainages. Tous les serre-files de la pensée conforme sont mobilisés pour occulter les débats de fond.
On aurait pu s’attendre à ce que nos élites bien pensantes, s’il y avait dans leur attitude une once de bonne foi, fassent campagne pour que les maires n’accordent pas leur parrainage à Jean-Marie Le Pen, qui est quand même l’auteur de petites phrases qui devraient l’exclure pour toujours du champ démocratique. Eh bien, point du tout ! Le Monde publie simultanément un sondage où il apparaît que 48 % des Français trouveraient normal que Le Pen obtienne ses parrainages, 47 % étant d’un avis contraire. Quant au Monde, il ne se prononce pas !
De même, plusieurs leaders socialistes dont M. Olivier Duhamel, font ouvertement campagne à la télévision, comme d’autres, pour que Le Pen obtienne ses 500 parrainages. C’était sur M6 l’autre soir – et j’ai dû lui rappeler en direct le détail des chambres à gaz. Bref, le système se défend. Le Pen le sert. L’extrême-droite est apparue – faut-il le rappeler ? – au lendemain du tournant de la rigueur libérale de mars 1983, d’abord aux municipales de Dreux, à l’automne 1983, puis aux européennes de juin 1984. De là date son installation dans le paysage politique. Elle est le produit du tournant reaganien de la droite au début des années quatre-vingt et de l’oubli par la gauche de son engagement fondamental : « D’abord l’emploi ! ». Le Pen a été et reste un outil de manipulation précieux pour l’Establishment. Jacques Chirac lui doit sa plus belle élection. La tâche est donc infiniment rude. Est-ce une raison de désespérer ?
Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’énergie du renouveau a dû surmonter les lassitudes et les abandons. La voix de la résignation, notre pays ne la connaît que trop. Vous en connaissez les rengaines :
Devant le chômage ? « On a tout essayé ! »
Tout, sauf changer de politique …
Devant les délocalisations « On n’y peut rien, c’est la mondialisation… »
On y peut rien, sauf mettre des bornes à la mondialisation !
Démission de la volonté, abandon de la culture de projet. Retour à Joué-lès-Tours.
« La France ne compte plus que pour 1% de la population mondiale » nous disait Giscard en justifiant l’effacement de la France dans le monde.
Cette voix de la résignation, les Français l’ont entendue cent fois dans leur histoire. Cent fois, des élites ayant abandonné leurs devoirs ont voulu entraîner le peuple dans leur démission collective.
Que restait-il de la France, après le traité de Troyes ?
Où en était notre peuple en 1788, entre misère, famines, et arbitraire ?
Où en était le monde du travail au moment de la révolution industrielle ? Le rapport Willermé sur le travail des enfants dans les mines, le droit de grève bafoué, la semaine de 60 heures sans congés, l’absence d’horizon…
Où en était la République après l’effondrement de juin 40, vaincue, humiliée par le nazisme, trahie, déshonorée par Vichy ?
Où en étaient les institutions de notre pays, à bout de souffle, à la merci des généraux putschistes d’Alger, il y a moins de cinquante ans ?
Et, de dérive en dérive, où en était la République dans le projet de « constitution européenne » qui aurait signé la fin de la souveraineté et de la démocratie qui lui est liée ?
A chaque fois, la France s’est ressaisie. Elle est parvenue à sortir de l’ornière.
Et bien, je vous le dis, nous nous en sortirons encore si les Français en ont la volonté !
La France ne doit pas disparaître et ne disparaîtra pas.
L’humiliation et le chantage dont sont l’objet tous ceux qui aujourd’hui vivent de leur travail ne sont pas irrémédiables.
Les salaires et les acquis sociaux, menacés d’être alignés sur ceux des prolétaires d’Asie, ne sont pas des privilèges. Ce sont des droits : les défendre est le devoir de tous ceux qui prétendent conduire notre pays et le devoir des hommes politiques serait d’inciter les gouvernements des pays d’Asie à se soucier davantage de leurs peuples.
Les choix républicains de la France, l’exigence d’égalité entre les citoyens, le souci d’un service public moderne et efficace, ne seront pas sacrifiés sur l’autel des marchés financiers et du profit à courte vue
L’exigence de la démocratie, de la souveraineté du peuple ne se laissera pas museler par des instances non élues, au service du marché et des puissances de l’Argent. La voix des citoyens ne se laissera pas étouffer !
Oui, si vous m’aidez, nous pourrons peser dans cette campagne pour faire avancer nos idée parce qu’elles sont justes, pour rassembler sur des bases solides afin d’éviter de nouvelles déconvenues, pour libérer enfin les forces de l’avenir, et pour qu’encore une fois la République soit la force de la France” !
Jean-Pierre Chevènement, Paris, campagne présidentielle 2007.
Pas encore de commentaires »
Flux RSS des commentaires de cet article. URI de Trackback
Laisser un commentaire
Publié sur WordPress. | Theme: Pool by Borja Fernandez.
Entries and comments feeds.